Une Porte
A gauche, un mur,
Gris, triste, sale,
Un mur vide de tout,
Vide sauf d’une tache,
Une tache que je me tâche d’analyser,
Une tache rouge, rouge colère,
Rouge sang,
Cent fois je l’inspecte,
Leur sang.
Qu’elle drache !
Ploc ploc ploc,
A l’extérieur,
Quelle drache !
Ploc ploc ploc,
A l’intérieur,
Qu’elle drache !
L’avenir d’hier
Huit heures douze, trente-deux secondes, elle se réveille. La peur au ventre, elle enlève ses chaussettes, bascule pour s’assoir et enfile ses chaussons posés aux pieds du lit. Un regard rapide par-dessus son épaule droite… Pas de pieds. C’est déjà ça. Mais ce n’est pas suffisant. Elle gonfle son ventre de l’air chaud d’une chambre en fin de nuit, puis expire doucement.
Premier baiser
Corps engraissé,
Corps abîmé,
Corps perdu,
Dans le gras,
Ou dans le sucre,
Et pourtant,
Sans trop savoir comment,
Sans trop savoir pourquoi,
Première main tendrement attrapée,
Premier baisé à l’arrêt d’un tramway.
Rencontrons-nous pour un café sans sucre
Des larmes. Un plaid. Une tasse de thé trop froid. Un chat. Dans la pièce d’à côté, un enfant qui dort. Un écran éteint. Quelques posters jaunis. Un mouchoir. Un choix. Une erreur. Tant de décisions erronées.
D’autres larmes.
Elle est seule. Désespérément seule. Lucie a froid. Un froid qui prend aux os, qui englobe la chair, qui ronge l’âme. Elle regrette ce choix-là. Le dernier. Avant le suivant, sans doute. Impossible d’imaginer un suivant. Encore des larmes.
Court, 2
Une tasse de café,
L’odeur du tabac froid,
Le pain sec de la veille,
Trop plein d’amertume,
Mélancolie d’automne.
Le mépris de classe
Bonjour à toutes et à tous,
Dans cette première chronique – format que j’inaugure aujourd’hui sur le site -, j’ai envie de parler de « mépris de classe ». Je viens d’écouter un épisode magnifique du non-moins magnifique Podcast d’Arte Radio, « Vivons heureux avant la fin du monde » (je vous conseille fortement de vous y abonner et des les écouter, vous gagnerez de l’humanité et de l’âme). Le titre de cet épisode ?« Chacun son beauf : à quoi sert le mépris de classe ».
Court, 1
L’odeur de l’origan,
La chaleur d’un été à deux,
La rivière,
Le chant d’une fauvette,
Et ta peau.
Les rues aveugles
Bercés par les effluves,
Des guitares, des cuivres,
Qui mènent au-delà du perceptible,
Là où seule l’âme voyage,
Se désoriente,
Se perd et se mélange,
Vogue aux harmonies,
Entre New York et Philadelphie.
